La seizième édition de la Coupe d’Afrique des nations, qui devait se tenir au Maroc du 17 mars au 3 avril, est reportée. La phase finale pourrait avoir lieu aux mois de juillet et août prochains, dans le royaume ou ailleurs.
C’est désormais une question de communication officielle par la Confédération africaine de football (CAF), mais le principe d’un report de la phase finale de la CAN féminine est acté. « Nous avons été informés par l’instance, nous n’attendons plus que la notification officielle », ont confirmé à Jeune Afrique, sous le couvert de l’anonymat, deux dirigeants de fédérations concernées par la compétition.
« C’est un manque de respect total pour les joueuses et les staffs techniques, qui ont entamé leur préparation, avec les frais qui vont avec. Il fallait prendre cette décision plus tôt, pas deux semaines avant le coup d’envoi », regrette ce responsable d’une fédération africaine.
Depuis plusieurs semaines, la rumeur d’un report était dans l’air après que Peace Mabe, la vice-ministre sud-africaine des Sports, avait déclaré que son pays était prêt à accueillir le tournoi. Gayton Mc Kenzie, son ministre de tutelle, avait cependant nuancé ces propos.
Peace Mabe avait donc raison sur au moins un point : le Maroc, qui a organisé la CAN masculine du 21 décembre au 18 janvier, laquelle s’était achevée par une victoire du Sénégal face au pays organisateur à l’issue d’une finale rocambolesque, a sollicité le report de l’édition féminine qui devait se dérouler dans quatre stades : le stade de Fès, le stade Larbi-Zaouli à Casablanca, les stades Al Medina et Moulay-Hassan à Rabat.
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Les raisons avancées par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), présidée par Fouzi Lekjâa, auprès de la CAF sont au moins au nombre de deux. La première concerne l’organisation des compétitions professionnelles, notamment le championnat de Botola 1 (Ligue 1), qui a pris beaucoup retard ces derniers mois à cause de la CAN, mais également celle de la dernière édition du Championnat d’Afrique des nations (Chan) en août dernier en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda.
La sélection locale du Maroc s’y était imposée, et cela avait entraîné le report du championnat au 12 septembre. À ce jour, seules quatorze journées sur trente ont été disputées, et certaines équipes, telles que le Wydad de Casablanca, Berkane, les FAR Rabat et l’Olympic Safi, également engagées en compétitions africaines, n’ont joué que dix matchs. De plus, une dizaine de sélections nationales africaines, ainsi que la Palestine, viendront au Maroc lors de la prochaine trêve internationale (23 au 31 mars) afin d’y disputer des matchs amicaux.
Pour que sa CAN féminine se déroule aux dates prévues, la CAF aurait sondé l’Algérie, également bien dotée en infrastructures de haut niveau, mais sans succès. L’instance dirigée par le Sud-Africain Patrice Motsepe s’est donc résignée à trouver d’autres dates pour l’organisation de cette CAN féminine, dont les quatre premières équipes seront directement qualifiées pour la Coupe du monde 2027 au Brésil (deux autres pourraient se qualifier via des play-offs intercontinentaux prévus en février 2027). La CAF n’a donc pas d’autre solution que de faire disputer cette CAN en 2026.
Selon certaines sources, le tournoi pourrait avoir lieu en juillet-août, une fois la Coupe du monde masculine (11 juin au 19 juillet) terminée. La CAF, même s’il faut désormais s’attendre à tout avec elle, ne prendra jamais le risque d’organiser sa CAN au même moment qu’un Mondial vampirisant toute l’attention du public et des médias. Reste à savoir où celle-ci pourrait se tenir. Le Maroc n’a pas annoncé son retrait définitif, alors que l’hypothèse sud-africaine reste très crédible. Au 12 août dernier, treize stades de la nation Arc-en-ciel avaient été homologués par la CAF. En choisir quatre ne lui poserait donc aucune difficulté…
2026-03-03T09:58:16Z