La saga judiciaire autour des 18 supporters sénégalais arrêtés après les violences qui ont émaillé la finale de la CAN 2025 à Rabat se transforme en un imbroglio de déclarations contradictoires.
Début février, maître Patrick Kabou, l’avocat de ces supporters poursuivis pour hooliganisme après les tentatives d’envahissement du terrain, coups et blessures et jets de projectiles, annonçait à l’AFP que ses clients avaient entamé une grève de la faim pour protester contre ce qu’ils estimaient être une violation de leur droit à un procès équitable et l’absence d’interprète lors des interrogatoires.
Le lendemain, le procureur du Roi à Rabat a pris le contre-pied de ce récit en démentant fermement que les détenus étaient en grève de la faim, affirmant qu’ils étaient alimentés normalement, que les interrogatoires avaient eu lieu avec un interprète et que les allégations étaient sans fondement.
Face à ce démenti officiel, l’avocat a lui-même corrigé sa version : en réalité il ne s’agit pas d’une grève de la faim au sens strict, mais d’un jeûne par intermittence, où les supporters «prennent seulement le petit-déjeuner» et passent le reste de la journée en prière et recueillement.
Le glissement sémantique confine au burlesque : une protestation qui se transforme en pratique bien-être. La ligne d'attaque de la défense des supporters n'a pas eu l'effet escompté après le démenti de la justice marocaine.
2026-02-09T15:49:05Z